ardonner, c’est la forme la plus subtile, la plus aboutie et, pour beaucoup, la plus impossible de la charité.
Qui ne s’est pas heurté un jour à ce mur apparemment infranchissable = pardonner !
Oui, bien sûr, mais pas ça, pas lui ou elle
Et même quand le désir de pardonner est sincère, la mémoire est là, qui ramène sans cesse le souvenir de l’offense subie, qui rouvre la plaie et peut repousser le pardon.
Ne confondons pas oublier et pardonner, car si le pardon dépend de moi, ce n’est pas le cas du souvenir.
Je ne peux pas être chrétien si je vis dans la rancune, la haine, le besoin de vengeance.
« Pardonne à ton prochain … Et tes péchés seront remis » dit Ben Sirac le Sage (Première Lecture)
Pardonne-nous… comme nous pardonnons, répétons nous dans le Notre Père.
Souvent, le pardon est une lente construction, toujours recommencée.
C’est cela qui nous est demandé : nous mettre, avec le Christ, sur le chemin du Pardon.
Ce chemin sera-t-il long et plein de détours
Peu importe si, malgré les ronces et les épines, je ne renonce pas à aller jusqu’au bout.
Livré aux mains des hommes, bafoué, torturé, le Christ a pardonné.
Dieu sans cesse pardonne, sinon comment oserions-nous nous tenir devant lui ?
Et il nous dit ce qu’est le pardon : non pas oublié, mais toujours tendre la main à l’offenseur pour l’aider à se relever.
Pardonner, c’est aimer.
Le pardon est richesse et liberté pour celui qui pardonne et celui qui sait avoir besoin du pardon.
Frère que j’ai offensé, frère qui m’a offensé partons ensemble sur le chemin du Pardon pour célébrer ensemble le pardon de Dieu et le prier sans cesse :
« Apprends-nous à pardonner »
Dieu, Père, merci pour ton pardon qui m’a rejoint dans le pardon de personnes qui m’aimaient.
Merci pour ton pardon que je fait circuler à mon tour.
Fais de nous, un canal ouvert pour ton pardon.

Texte anonyme trouvé dans l’église de Bonifacio, en Corse